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Essai Toyota BZ4X

[ Article publié par: Eric ]

Roulant (aussi) en Toyota hybride depuis plus de 5 ans, c’est avec curiosité que j’attendais la première voiture entièrement électrique de la marque nippone, qui a récupéré le trône de premier constructeur mondial. Presqu’avec 6 mois de retard, ce fameux BZ4X (ça sonne comme un droïde de Star Wars, non ? ) est enfin arrivé dans nos concessions belges, le lancement ayant été reporté après quelques aléas de fixations de roues récalcitrantes.

Découverte statique : nous avons là un beau bestiau de la taille d’un RAV4, et c’est un vrai SUV, avec de la hauteur, pas un crossover comme une Kia EV6 par exemple. Le style est assez fort, avec des arêtes vives, une proue massive inspirée du « requin marteau », avec des ailes AV complètement en plastique, ce qui donne un côté baroudeur mais avouons que c’est discutable comme finition. L’arrière est selon moi bien plus réussi, avec une lunette AR très inclinée presque à la manière d’un SUV coupé, et des petits ailerons de toit façon « oreilles de chat » que l’on retrouvera aussi sur le cousin Lexus RZ. Les feux AR sont élancés et reliés par un bandeau continu comme c’est la mode sur pas mal de nouveaux véhicules électriques. Le profil est robuste et dynamique.

A l’intérieur, c’est spacieux et relativement pratique avec pas mal d’espaces de rangement, mais dommage pour l’absence de boîte à gants. La console centrale assez haute donne une bonne sensation de cockpit à l’avant, tandis que l’espace aux places arrière est très généreux, l’agencement est assez conventionnel, ce qui ne dépaysera pas trop les habitués de la marque.

Je m’installe au volant, pour constater une position de conduite agréable et une ergonomie particulière mais réussie, avec l’écran du conducteur situé au-dessus du volant, ce qui oblige à place le volant assez bas mais sans me gêner pour autant, contrairement au i-cockpit Peugeot dans lequel je trouve difficilement une position de conduite satisfaisante en ayant une bonne vue de l’écran. Cet affichage regroupe les infos utiles de manière efficace et synthétique et compense l’absence d’affichage tête haute. Le coffre est correct, sans plus, pour la catégorie, et il n’y a pas de petit coffre à l’avant pour y loger les câbles de recharge.

La qualité d’assemblage est bonne mais les matériaux employés montrent clairement que nous ne sommes pas dans l’univers premium, on est plutôt sur des matières recyclées et du piano black.

Les commandes sont bien placées, le petit volant tient bien en main, l’écran multimédia de 12 pouces offre une bonne réactivité et des menus clairs : pas de fioritures mais c’est efficace, et un sacré progrès par rapport au système Toyota d’il y a quelques années. Un bouton sur la console centrale permet de sélectionner la régénération maximale, il y a des commandes séparées (tactiles) pour la climatisation, les modes de conduite sélectionnés via un commutateur rotatif. Le mode ECO du chauffage a ceci de remarquable qu’il joue non seulement sur la vitesse de ventilation mais aussi sur les sièges et le volant chauffants. Un dégivrage du parebrise était présent sur la version essayée et cela m’a personnellement dérangé de voir les fils du système dans le parebrise. Le son de notre BZ4X était bon, car il était muni de la sono haut de gamme JBL. Enfin, il est prévu un petit compartiment refermable pour recharger son smartphone sans fil. Bon point aussi pour la compatibilité Apple Carplay et Android Auto sans fil. Comme pour la plupart des concurrentes, plusieurs fonctions de préchauffage et (dé)verrouillage sont gérables via smartphone.

Nous avons ensuite pris le volant pour une petite heure de trajets urbains et péri-urbains. Dès les premiers tours de roues, on apprécie la douceur des commandes : la direction est légère et la pédale d’accélération permet de bien doser les manœuvres à basse vitesse, et le ressenti de la pédale de frein est naturel. Sur la route, ce BZ4X FWD révèle des performances tout à fait suffisantes, meilleures que ce que l’on imagine à la lecture de la fiche technique (0-100 km/h en 7.5 sec, 204 CV). Le comportement routier est orienté confort, même dans cette version équipée de jolies roues de 20 », ce qui convient parfaitement au véhicule, et le compromis avec le dynamisme est très bon, le BZ4X évite de se vautrer dans les ronds-points et le courbes serrées, son comportement est neutre et sain, et l’ESP intervient rapidement et à-propos en cas de perte d’adhérence.

Les passagers AV et AR voyageront donc en tout confort et dans le silence, l’insonorisation est soignée. Deux bémols : les caméras 360° sont indignes d’un véhicule de 2022 (résolution et netteté insuffisantes) et si vous utilisez la régénération maximale, le BZ4X continuera à « ramper », il faut toujours un peu de frein pour arriver à l’arrêt complet.

Le seul point qui me chiffonne vraiment, c’est la consommation relevée sur cet essai : 27 kWh/100 km sur parcours urbain et périurbain de 30 km par 4°C (avec clim à 19°), c’est énorme et même supérieur à ce que j’ai fait le même jour et dans les mêmes conditions avec ma « vieille » I-Pace (23 kWh). Je ne sais pas s’il y avait un soucis, si le véhicule est trop jeune (+/- 500 km au compteur), peut-être cela sera-t-il amélioré par une mise à jour. Dans ces conditions, il ne faut donc pas espérer plus de 300 km d’autonomie, voire 250 sur autoroute (436 km WLTP), mais je rappelle que les besoins sur ce point sont trop souvent surévalués… La recharge rapide est dans la moyenne à 150 kW.

En résumé, avec ce BZ4X, Toyota revient dans la course du VE, certes pas en tête car il y a plus efficient, mais cette proposition me semble à même de pouvoir séduire au moins les habitués de la marque, en effet si l’on passe d’un RAV4 à ce BZ4X, c’est un beau progrès en plaisir de conduite en gardant de bons aspects pratiques et un excellent confort. Et ils seront aussi rassurés par la garantie de 10 ans sur l’ensemble et les 5 ans d’entretien inclus dans le prix. Celui-ci est d’environ 70.000 EUR pour le modèle essayé, quand même, mais l’entrée de gamme est à 59.000 EUR. Le délai de livraison est raisonnable pour le moment, environ 6 mois, là où certains concurrents sur un à deux ans !